Mercredi 24 septembre 2008
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(textes en partie issus de : G. Dumoulin, "Les arguèdènes : notes et musique relatives à
une pratique musicale populaire à Sivry", Traditions musicales en Belgique –
Muziektradities in België, Spa, Les Amis de la Musique, 2008)
Par Francoise
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Mercredi 24 septembre 2008
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La valse est une danse de couple en trois temps (3/4), de rythme rapide avec accentuation du premier temps, et caractérisée par un mouvement tournant.
Plusieurs danses ternaires
rencontrées en Autriche et en Allemagne, comme le Ländler, ont annoncé la valse (Walzer), dont le terme apparaît au milieu du XVIIIe siècle. À la fin du
XVIIIe siècle, la valse connaît un succès international, même si Vienne peut être considérée comme sa capitale. Après avoir atteint Paris vers 1780, elle apparaît dans nos régions des
anciens Pays-Bas en 1787, dans un recueil de ménétrier, dans sa forme ancienne mesurée en 3/8. Durant une bonne partie du XIXe siècle, la valse incarne la danse de bal par excellence,
et outre les Johann Strauss père et fils, nombre de grands compositeurs finiront par l’inclure dans leur production. D’abord critiquée par la société bien pensante et moralisatrice pour
l’enlacement des danseurs, la valse est devenue un phénomène de société bien plus qu’une mode. D’origine populaire et paysanne, accaparée ensuite par les couches plus élevées de la société, la
valse est ensuite retournée « vers le peuple des villes et des campagnes » (E. Bours). Répandue dans le monde entier, elle n’est jamais véritablement tombée en désuétude, même si des
formes nouvelles de danses – comme la polka puis les danses de jazz – lui ont parfois fait de l’ombre. Son succès, sa longévité et sa diffusion peuvent être qualifiés d’exceptionnels.
La valse est largement présente dans
les arguèdènes chevrotines. Elle revêt une structure tripartite et présente souvent un caractère mélodique fluide. Cependant, le premier et le
troisième thème mettent parfois en scène le staccato ou « coup de langue » ternaire, qui était une caractéristique plutôt réservée aux polkas de bravoure. De fait, plusieurs exemples
sont joués dans cet esprit de bravoure démonstrative, et trop vite que pour pouvoir être dansés. Toutefois, le côté fonctionnel de quelques valses est perceptible : la mélodie, pensée pour
« faire tourner », est alors assez peu intéressante d’un point de vue musical (en particulier dans les deuxièmes thèmes) ; cette situation ne se limite pas au seul contexte
chevrotin.
Valse pour bugle ou piston
Valse Albert
Valse sans titre
Par Francoise
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La polka est une danse de couple en deux temps (2/4) de rythme modéré à rapide. Du point de vue du musicien jouant d’un instrument en cuivre, les polkas à coups de langue sont en général jouées
dans un tempo plus animé que celles sans coups de langue, d’autant plus qu’elles sont rarement destinées à être dansées, mais plutôt à exhiber la valeur du musicien.
La polka est, avec la valse, la
danse dont on conserve le plus grand nombre de témoignages écrits à Sivry. Peu étonnant lorsqu’on sait qu’elle a connu une vogue exceptionnelle dans toute l’Europe dès 1844, se rapprochant
rapidement de la valse dans le cœur des danseurs de l’époque. Les origines de la polka sont difficiles à déterminer avec précision, même s’il est souvent fait référence à l’Europe centrale, et
plus précisément à la Bohême. Prague, Vienne, Saint-Pétersbourg puis Paris tombent sous le charme de la polka qui devient la danse de salon la plus populaire. Dès 1844, elle s’est imposée et a
envahi toute l’Europe, dont la Belgique, mais aussi les États-Unis, le Canada et plusieurs colonies britanniques. La première mention connue d’une polka – même si elle n’est pas nommée comme
telle – en Wallonie se trouve dans le recueil manuscrit (1845) de Jean-Guillaume Houssa, ménétrier de Wy, près de Durbuy. La polka est bientôt « la » danse à succès, à la fois dans les
salons mondains, les bals publics et dans les villages ; elle connaîtra son apogée durant la période 1865-1910.
Avec la valse, la polka constitue
une danse favorite du répertoire des arguèdènes, en particulier dans sa formule acrobatique, mettant en valeur la virtuosité de l’interprète
soliste. Pièce de bravoure, elle place souvent en évidence la technique dite du « coup de langue », qui consiste en la répétition très rapide de groupes de notes, souvent ternaires.
Cette technique est inhérente au jeu des cuivres depuis la période baroque, mais se retrouve également dans le jeu de la flûte. La musique militaire et ses sonneries emploient souvent cette
technique, qui a constitué une des caractéristiques majeures du répertoire des cornettistes virtuoses, pratiquement depuis l’apparition du cornet à pistons vers 1830. Certaines valses illustrent
également ce « coup de langue ternaire », qui semble être une technique particulièrement goûtée par les joueurs d’arguèdènes à
Sivry.
Polka "à Ernest"
Mon ami Paul -
Mon-ami
Paul
Polka à Sébille
Par Francoise
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Danse de couple en deux temps (C barré), de mouvement modéré, caractérisée également par des successions de rythmes pointés (croche pointée suivie d’une double croche).
Contrairement à ce que suggère son
nom, la schottisch n’a rien d’écossais. Elle serait originaire d’Allemagne, où elle était déjà dansée vers 1830-1840, avant d’être introduite en Grande-Bretagne sous l’appellation de German
polka, puis dans les bals parisiens vers 1850. La première trace de la danse en Wallonie remonte à 1853. La schottisch figure en bonne place dans les séances d’arguèdènes à Sivry, à peine en retrait par rapport à la valse et à la polka.
Schottisch "América"
Par Francoise
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La mazurka est une danse de couple
de mouvement modéré à rapide, en trois temps (3/4), dont les deuxième et troisième temps de la mesure sont accentués. Une rythmique particulière la distingue de la valse.
La mazurka tire son nom de la
Mazovie, une région de Pologne ; présente dans pratiquement toute l’Europe et au-delà, elle devient une danse de salon à la mode, en particulier grâce aux maîtres à danser parisiens du
XIXe siècle. Son succès a été relayé par des compositeurs majeurs dont le plus célèbre est sans aucun doute Frédéric Chopin. Toutefois, la relative complexité de ses pas l’a empêché de
rivaliser avec la vogue d’autres danses. De nombreuses versions et variantes géographiques existent.
La mazurka est nettement moins jouée
à Sivry que ses consœurs valses, polkas et schottisches, ce que confirme sa rare présence dans les carnets de danses manuscrits. Une caractéristique que l’on retrouve dans chaque exemple est la
présence de rythmes pointés (croche pointée-double croche), dans un ou plusieurs thèmes, le plus souvent sur le premier temps.
Mazurka "Henriette"
Par Francoise
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