À râse dè
têre se consacre essentiellement au répertoire des arguèdènes tel qu’il se pratiquait ou se pratique encore dans le village de
Sivry. Si certaines sont encore entendues de nos jours ou sont restées en mémoire, d’autres sont tombées dans l’oubli et n’ont dû leur « redécouverte » que grâce à leur présence dans
les cahiers manuscrits de musiciens. On y trouve des arguèdènes originales, parfois composées par des Chevrotins (habitants de Sivry) ou par des
personnages ayant des liens avec Sivry, d’autres parfaitement anonymes et d’autres encore ayant connu les « honneurs » d’une publication dans des carnets commerciaux comme ceux de
l’Aurore boréale. Certains airs appartiennent bien sûr au répertoire des joueurs d’arguèdènes d’autres villages, parfois très éloignés de Sivry. Sauf exception, toutes les arguèdènes sont issues
de la tradition musicale – de transmission orale – propre à la pratique par les musiciens de fanfare et ne ressortissent pas aux droits d’auteur.
À râse dè têre joue les arguèdènes – d’après les témoignages recueillis – à la manière des anciens, sans partition, avec un accompagnement non formalisé, « improvisé ». L’ensemble privilégie les airs anciens (principalement les quatre « hautes » danses) par rapport à ceux d’origine plus récente, ou appartenant à d’autres genres musicaux (chanson de variété, jazz, etc.).